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Ce grand bonheur de coudre, simplement coudre, à la main. Un geste qui me relie à toutes les facettes qui constituent mon être, les passées - parfois un très lointain passé - les présentes, les futures. De plus en plus, coudre est une méditation, et de plus en plus profonde. Le silence, extérieur et intérieur, devient indispensable. 

Je couds à ma façon, bizarre, ré-inventée sans cesse. Pas de patron surtout, les pièces sont coupées et assemblées - cousues ensemble - au fur et à mesure, dans tel ou tel lin, trouvé au fur et à mesure dans le stock à ma disposition. L'idée d'ensemble a été visualisée au préalable, parfois pendant des jours, jusqu'à ce qu'elle soit très claire, comme si j'avais l'objet posé devant moi. Son nom et son histoire aussi, qui surgissent dans mon esprit au moment où l'idée devient limpide. 

Ainsi, il n'y a plus qu'à me laisser porter par la douceur de la création, du geste répété des heures durant, tout en gardant claire en moi l'image d'aboutissement, ce qui me permet de faire les bons choix, et prendre les bonnes décisions, en avançant.

J'en parle de cette façon, parce que d'une certaine manière ça me dépasse. Je me sens portée par le mouvement qui surgit lentement, ce n'est pas tout-à-fait moi qui le fais, je fais juste partie de cette action qui a lieu,, j'installe les paramètres qui font que ça va pouvoir surgir.

Et quand , comme cet après-midi, le soleil inonde la pièce,  les tourterelles roucoulent dehors, tout est calme et tranquille, je me sens profondément à la bonne place et au bon moment ... et en train de réaliser la bonne chose ... 

Je me suis laissée entrainer par les mots, et j'ai oublié de faire ce que je voulais faire au départ:  vous souhaiter un bel après-midi de douceur et de sérénité.